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lundi 20 mars 2006
Algérie : la paix des cimetières
 
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L'Algérie a été victime d'une des guerres les plus abominables de la fin du XXe siècle: près de 150 000 morts en huit ans.

 

Qui étaient les combattants de cette guerre ? Ils n'ont jamais été identifiés précisément. Quelle cause défendaient-ils ? On ne l'a jamais su vraiment. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il y avait, d'un côté, les tenants d'un islamisme radical, prêts à massacrer des villages entiers, de l'autre côté, des membres de services secrets, qui tuaient en toute impunité opposants réels ou imaginés.

 

Aujourd'hui, l'Algérie est en paix. Apparemment. Une loi d'amnistie a été votée et approuvée par référendum, mais pour la plupart des Algériens, les vrais responsables des massacres courent toujours.

 

Une paix à ce prix est-elle une vraie paix ?


Introduction

Le 29 septembre dernier, les Algériens ont approuvé à 97% le plan de paix du gouvernement, un plan sensé tourner la page des violences politiques qui ont fait plus de 150 000 morts en une décennie.

 

La Charte pour la paix et la réconciliation nationale propose le pardon à tous les islamistes armés, qu'ils portent encore les armes ou qu'ils les aient rendues, qu'ils aient été condamnés ou non. En sont en principe exclus ceux qui ont participé à des «massacres collectifs, viols, et attentats à l'explosif dans les lieux publics».

 

Si le pays se relève lentement, les Algériens sont toujours hantés par la "décennie noire" (1992-2000), pendant laquelle ils ont assisté impuissants aux massacres de masse, aux viols, aux assassinats de journalistes et d'intellectuels.  Dans certains villages, près de 1000 personnes sont mortes en une seule nuit, égorgées ou fusillées.

 

Des extrémistes islamistes auraient commis les massacres mais il y a toujours des chuchotements sur le rôle joué par les forces de sécurité durant la guerre civile. Des familles de personnes disparues tentent encore de savoir, sans beaucoup de succès, ce que sont devenus leurs proches. On estime que 7000 personnes ont été enlevées par les forces de sécurité.

 

Plusieurs auraient souhaité que le gouvernement mette sur pied une commission de la vérité comme en Afrique du Sud. On soupçonne le président de mentir, on croit que, contrairement à ses prétentions, il n'ira pas de l'avant avec sa promesse de punir les responsables des massacres, de viols ou d'attentat à la bombe. Certains observateurs disent que le plan de paix a été négocié avec les organisations islamistes à la condition qu'ils gardent le secret sur le rôle des militaires.

 

Mais certains opposants disent que les abus de la part des forces de sécurité se poursuivent. Des groupes de défense des droits humains, dont Amnistie Internationale, ont confirmé que des allégations de tortures de détenus continuent d'être rapportées.

 

En dépit des critiques, les Algériens ont dit oui au plan de paix parce qu'ils en avaient assez de la guerre et de la misère.

 

Aujourd'hui, la majorité des Algériens sont pauvres dans ce pays riche en pétrole, où un litre d'essence coûte le prix d'une tablette de chocolat. La majorité des jeunes qui ont aujourd'hui 20 ans ont été privés d'éducation.

 

Plus de 90% des Algériens se disent musulmans, même si le conflit entre le gouvernement et les islamistes a conduit aux excès d'une religion mal interprétée, la religiosité a globalement augmenté. Cela est dû, selon certains, à une crise économique permanente.

 

«Le danger qui guette l'Algérie dans les années à venir ne sera pas tant le terrorisme qui n'a plus le soutien de la population, que les émeutes régionales dues à la destruction de l'État. Le chômage, l'échec du plan d'ajustement structurel lancé en 1994, accentuent la désintégration d'une génération, celle des 15-35 ans en rupture avec le reste de la société. » (Les nouveaux mondes rebelles, Éditions Michalon, 2005.)

 

Sur le plan international, le Président Bouteflika s'est rendu à deux reprises aux États-Unis en 2001. La coopération militaire s'est intensifiée depuis le 11 septembre. Les États-Unis, très présents en Algérie dans le secteur des hydrocarbures, ont encouragé les autorités algériennes à accélérer le processus de libéralisation économique.

 

Au cours des derniers mois, Lula da Silva, Donald Rumsfeld, Jack Straw de la Grande-Bretagne et Vladimir Poutine pour la Russie se sont rendus à Alger qui pour plusieurs observateurs demeure un centre important pour la lutte antiterroriste. Que mijotent les grands de ce monde en Algérie ?

 

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Guerre d'Algérie

Histoire

La France a conquis Alger en 1830. L'Algérie a ensuite été annexée et déclarée département français. Entre 1830 et 1962, l'Algérie a été gouvernée par des Français qui se sont appropriés les terres (ils en exportaient la production en France), ont imposé leur culture et leur religion allant jusqu'à transformer les mosquées en églises chrétiennes.


Après la Première Guerre mondiale, plusieurs partis nationalistes ont vu le jour. Neuf millions d'Algériens musulmans étaient considérés comme des non citoyens jusqu'en 1947. En 1954, un million d'Européens vivent et travaillent en Algérie lorsque la guerre éclate.

 

Les combats vont durer huit ans et tuer un million et demi d'Algériens et près de 28 000 soldats français.

 

Le 1er juillet 1962, l'Algérie obtient son indépendance.

 

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Survivantes de massacre

Indépendance et montée du mouvement islamiste

Sitôt l'indépendance acquise, le premier président, Ben Bella, met en oeuvre diverses réformes d'inspiration socialiste.

 

Dans les années 1970, l'islamisme politique a déjà une longue histoire en Algérie et a beaucoup de popularité auprès des jeunes. Les étudiants frustrés par le manque de débouchés sont attentifs aux revendications des islamistes.

 

Les premiers incidents violents éclatent entre groupes islamistes et laïcs à l'Université Ben Aknoun d'Alger, le 2 novembre 1982.


Le Front islamique du salut (FIS) apparaît pour la jeunesse comme le grand vainqueur du parti unique à la suite des émeutes de 1988. Le Parti remporte d'abord une importante élection municipale en 1991, puis 43% des votes au premier tour des élections législatives, en décembre 1991.

 

En janvier 1992, l'armée force le président Chadli Bendjedid à démissionner. Le Conseil de sécurité annule les législatives et forme un Haut comité d'État. Il sera présidé par Mohamed Boudiaf, un progressiste qui veut fonder une société juste et réformer le système. Mohamed Boudiaf est assassiné en juin 1992 devant 800 personnes dans une salle de cinéma.

 

C'est le début de la guerre civile. Un attentat à la bombe qui fait une dizaine de morts à l'aérogare d'Alger est officiellement attribué aux islamistes. Les actes terroristes se multiplient et la population est sous le choc : assassinats d'intellectuels, de policiers, arrestations en masse, exécutions d'islamistes. En 1993, on estime à 10 000 les islamistes enfermés dans des camps de concentration dans le sud du pays.

 

Durant ces années va apparaître la guérilla fondamentaliste. Celle-ci n'est pas un tout uniforme. Elle est composée de l'Armée islamique du salut (AIS), bras armé du FIS, créée en 1994 et dissoute en 1997 et d'autre part des salafistes djihadistes divisés en deux factions : le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et le groupe islamique armé (GIA).

 

En janvier 1994, le général Zéroual accède à la tête de l'État. Cette année-là, des dizaines de journalistes seront assassinés ainsi que des ressortissants étrangers (dont 18 Français). La France ferme ses consulats et limite fortement la délivrance de visas.  Cette même année, un commando du GIA détourne un airbus d'Air France.

 

Le 16 Novembre 1995, le général Zéroual remporte les élections présidentielles avec 61% des suffrages exprimés puis organise, en novembre 1996, un référendum populaire entérinant l'adoption d'une nouvelle Constitution.

 

À la fin de l'année 1996, les informations qui sortent d'Algérie sont effrayantes. Les journaux rapportent le massacre de villages dont les femmes, les enfants et les vieillards ont été égorgés. Les "patriotes", des miliciens armés par le pouvoir exercent des représailles sur des familles soupçonnées d'être proches des terroristes. À la violence politique s'ajoutent des règlements de comptes, des exactions commises par les forces armées.

 

En 1999, Abdelaziz Bouteflika, du Front de libération nationale, un candidat considéré comme l'homme de l'armée, accède à la présidence. Les élections sont marquées par le retrait in extremis des autres candidats. Le nouveau président fait de la question de la réconciliation nationale sa grande priorité et annonce la tenue d'un référendum sur la "concorde civile", un premier plan de réconciliation à ceux qui n'ont pas été reconnus responsables de crime de sang. Il a remporté haut la main le référendum le 16 septembre 1999, ce qui a confirmé sa légitimité.

 

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Manifestation en Kabylie, en 2001.

Révolte en Kabylie

Au printemps 2001, à la suite de la mort d'un lycéen dans une gendarmerie de Beni Douala, des émeutes éclatent en Kabylie, faisant plus d'une centaine de morts. Une pauvreté croissante et l'oppression systématique de la culture kabyle ont alors provoqué des débordements que le gouvernement a réprimés sévèrement.

 

Les jeunes utilisent des pierres contre des fusils-mitrailleurs ce qui ne manque pas de rappeler le conflit palestinien. Des étudiants, des chômeurs, des ouvriers et des paysans tentent de prendre d'assaut les gendarmeries.

 

La révolte est sévèrement réprimée par plus de 10 000 policiers et soldats qui utilisent des balles explosives et visent la tête. Il y a des assassinats, véritables exécutions sommaires.

 

Des marches de 50 000 à 100 000 personnes et des grèves générales locales en série secouent la région. Le lundi 21 mai, 500 000 manifestants protestent dans une marche.

 

Le gouvernement a adopté en mars 2002 des mesures d'apaisement : reconnaissance des la langue berbère (le tamazight), comme langue nationale (depuis l'indépendance, le berbère était pratiquement interdit dans la vie publique), la mise en place d'un régime d'indemnisation pour les victimes des émeutes de l'été 2001.

Depuis janvier 2005, une station de radio publique diffuse des programmes en tamazight vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Berbère TV, une chaîne de télévision qui émet de Paris, connaît un grand succès. Les Berbères représentent environ 30% de la population.


sources: Encyclopédie Universalis, Les nouveaux monde rebelles, Éditions Michalon, 2005,  Courrier international, février 2003, septembre 2005,  Encyclopédie Agora,
Algérie: présentation générale (Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, Gouv. du Canada)

 

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Abdelaziz Bouteflika

Politique intérieure

«Les conservateurs à la tête du régime algérien actuel s'appuient principalement sur des réseaux d'alliance entre les nationalistes et le courant islamiste... Les nationalistes du FLN (Front de libération nationale) et du RND (Rassemblement national démocratique) ne constituent qu'un pan des réseaux politiques du président. Le soutien apporté par les leaders islamistes, que ce soit Abassi Madani, l'ancien chef du FIS... montre que l'assise politique des conservateurs puise dans une alliance islamo-nationaliste». (Les nouveaux mondes rebelles, Éditions Michalon, 2005, p. 107.)

 

Le GIA, Groupe islamique armé, comptait près de 50 000 membres dans les années 1990.  L'élimination en 2002 de l'émir Antar Zouabri, instigateur de la fatwa légitimant le massacre de civils a conduit aux luttes intestines et au déclin du groupe. Aujourd'hui, sa capacité de nuisance a été déclarée nulle. La politique de réconciliation n'a pas permis toutefois de réduire à néant les armées extrémistes, principalement les groupes salafistes du GIA et du GSPC, les principaux auteurs des crimes contre les civils. On dit toutefois que ces groupes ont été grandement réduits à la suite d'opérations anti-terroristes en 2003-2004. 

 

Le président Abdelaziz Bouteflika a été réélu pour un second mandat en avril 2004. Il a promis de se consacrer à la réconciliation nationale. Les militaires qui traditionnellement choisissent le chef de l'État ont surpris tout le monde en déclarant qu'ils seraient neutres durant l'élection.

 

Le président Bouteflika a été ministre durant 16 ans, de 1962 à 1979. À 25 ans, il était ministre de la Jeunesse et du Tourisme puis ministre des Affaires étrangères. Il a été contraint à l'exil dans les années 1980, à la suite d'accusations de malversations financières qui ont par la suite été démenties.

 

Pour ses adversaires, c'est l'homme qui a pactisé avec les islamistes, qui a pardonné aux terroristes et réhabilité les tueurs. C'est le responsable de la répression en Kabylie, du blocage politique et de la régression sociale. On l'accuse aussi de passer son temps à voyager.

 

La dérive autoritaire du pouvoir a été dénoncée par les organisations internationales des droits de l'homme (notamment Amnistie internationale et Reporters sans frontières) en 2004. Les atteintes à la liberté de presse ont augmenté de manière vertigineuse : une trentaine de journalistes ont été arrêtés et plusieurs ont été condamnés à une peine de prison dont le rédacteur en chef du quotidien Le Matin.

De nombreux adversaires du régime algérien ont toujours soutenu que plusieurs massacres attribués aux islamistes étaient en fait l'oeuvre des militaires ou encouragés par les militaires. Dans une entrevue accordée en en 2001 au Nouvel Observateur, Hichem Aboud, officier des services de renseignements, journaliste et auteur du livre La mafia des généraux, raconte comment selon lui l'armée a été à l'origine de plusieurs complots dont l'assassinat de Mohamed Boudiaf en 1992. L'armée, en dépit des élections qui se succèdent demeurait selon lui le véritable siège du pouvoir en Algérie. («Algérie, un ancien agent secret brise l'omerta», Le Nouvel Observateur, juin 2001)

 

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Survol de l'économie

Depuis son indépendance, l'Algérie a subi de profonds changements économiques. En 1962, l'économie reposait essentiellement sur l'agriculture, le pays était autosuffisant en matière de denrées alimentaires et exportait de grandes quantités de vin et d'agrumes. Depuis, l'économie s'est orientée vers l'industrie, notamment vers l'extraction et la transformation du pétrole et du gaz. L'Algérie est devenue l'un des principaux producteurs de pétrole et de gaz d'Afrique et est membre de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).

 

La société algérienne s'est grandement appauvrie avec la décennie noire. Le PIB par habitant a été divisé par deux entre 1990 et 2002 passant de 3524$ à 1600$.  Plus de 190 000 ménages, soit environ 1,6 million de personnes (5,7 % de la population), vivraient en deçà du seuil de pauvreté.

L'application du programme d'ajustement structurel, de 1994 à 1997, a en outre provoqué l'accélération de la progression du chômage, passant de 1,7 million de chômeurs en 1994 à 2,1 millions en 1999, soit 27,8% de la population active. Les jeunes sont plus particulièrement touchés par ce phénomène.

Moins de 80% des Algériens sont assurés contre les risques de maladie, la vieillesse, les accidents de travail et le chômage. Plus du tiers des assurés sont des inactifs, chômeurs ou retraités. De nombreuses personnes en situation de grande précarité ne sont pas couvertes par ces dispositifs. Les inégalités tendent également à se creuser, l'écart de revenus entre les plus riches et les plus pauvres étant désormais de 1 à 10.

De même, si le niveau moyen d'éducation s'est amélioré (le taux de scolarisation des enfants entre 6 et 15 ans atteint aujourd'hui près de 90%), l'école publique algérienne souffre aujourd'hui d'une crise profonde, ce qu'illustre le développement d'écoles privées interdites par la loi mais tolérées en pratique. Une commission nationale de réforme du système éducatif a d'ailleurs été mise en place en mai 2002 par le Président Bouteflika.

 

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Le pétrole et le gaz

L'industrie des hydrocarbures constitue l'un des piliers de l'économie algérienne. Elle représente 25% de son PNB (produit national brut) et 95% de ses exportations.

Officiellement, les réserves connues totalisent 11 milliards de barils de pétrole brut (1% des réserves de la planète, 14e rang mondial) et 160 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel (ce qui place l'Algérie au 8e rang mondial).  La capacité de production quotidienne est de 1,3 barils de pétrole (2004) et annuellement de 2000 milliards de mètres cubes de gaz naturel.  L'Algérie exporte les deux tiers de sa production pétrolière et 75% de sa production de gaz, principalement vers l'Europe.

SONATRACH, société d'État qui produit le pétrole et le gaz, est le 12e producteur au monde. La société gère des coentreprises avec plusieurs partenaires étrangers et prend de l'expansion sur les marchés internationaux.

Sources : EIA Country Analysis brief,

Et COMMUNIQUÉS - 2001, ministère des Affaires étrangères et du Commerce.

 

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Rencontre avec le Président Poutine.

Scène internationale

Le président Bouteflika a fait du retour de l'Algérie sur la scène internationale l'une des priorités de son mandat dès son accession au pouvoir, aidé par une conjoncture favorable plaçant l'Algérie à compter de juillet 1999 à la tête de l'OUA (Organisation de l'Union Africaine). Le président Bouteflika a multiplié les signes en ce sens : messages d'ouverture à l'endroit des États-Unis et de la France, annonce d'un réexamen des relations avec le Maroc, décrispation au sujet d'Israël, reprise des liens avec les pays arabes. Ainsi, il est parvenu à rétablir l'image de l'Algérie auprès de ses principaux partenaires du Nord, voire du Golfe, ainsi qu'une forte présence sur la scène africaine.

 

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Visite du président Bouteflika à L'élysée (avril 2005). Source: Ministère des Affaires étrangères. Photo F. de La Mure

Relation avec la France

La visite du président Bouteflika en France en juin 2000 a marqué le renouveau de la relation franco-algérienne. Jacques Chirac s'est rendu en Algérie, en mars 2003, ce qui a permis de donner un nouvel élan aux relations bilatérales. La «Déclaration d'Alger», signée par les deux Chefs d'État à l'occasion de cette visite, constitue désormais la «feuille de route» des relations bilatérales. Les deux pays avaient convenu de signer un traité d'amitié et prévoyait l'entériner avant la fin de 2005.

 

Alors que le président Chirac voulait obtenir la signature d'un traité d'amitié avec Alger, les députés de l'UMP (Union pour la majorité présidentielle) ont anéanti cet espoir en refusant le 29 novembre dernier de modifier l'article 4 de la loi du 23 février sur «le rôle positif de la présence française», notamment en Afrique du Nord.

 

«La presse algérienne a été choquée par ce refus qu'on a qualifié de «glorification de la colonisation»». Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait aussi clairement dénoncé cette loi. Au mois de juin dernier, il a déclaré que cette loi représentait une cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme. Le président algérien avait également exigé que la France demande pardon « pour tous les crimes commis durant la présence coloniale ».

 

Ceux qui ont refusé de modifier cette loi et «ceux qui pariaient sur l'aboutissement des négociations en cours entre Alger et Paris avant la fin de l'année 2005, et donc sur la conclusion d'un traité d'amitié, se voient dans l'obligation de remiser au placard un optimisme légitime né des relations privilégiées et empreintes de respect liant les deux chefs d'État».

 

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La question de l'accession à l'OMC

L'accession de l'Algérie à l'OMC est sans doute l'une des conditions de la relance de l'économie en raison de l'ouverture et des réformes qu'elle implique. Un groupe de travail sur son accession a été constitué et s'est réuni à cinq reprises à l'OMC depuis avril 1998. Des discussions bilatérales se tiennent par ailleurs entre l'Algérie et les principaux membres de l'OMC en marge ou en préparation des réunions du groupe de travail. La dernière réunion bilatérale entre l'Algérie et la Commission européenne s'est tenue le 18 février 2005.

L'accession de l'Algérie est envisagée en fonction du rythme de ses réformes économiques.  L'Algérie est notamment attachée à son système de soutien à l'agriculture et entretient sur ce volet un dialogue difficile avec les pays du groupe de Cairns, en particulier l'Australie.

 

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Les initiatives africaines

La politique africaine du Président Bouteflika a marqué des points. Assurant la présidence de l'OUA en 1999, l'Algérie a su jouer un rôle-clef dans la résolution du conflit éthio-érythréen, en se faisant l'avocat du continent africain dans tous les forums internationaux. L'Algérie a en outre été avec le Nigeria, l'Afrique du Sud et le Sénégal l'un des pays fondateurs du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique).  L'Algérie attendait donc beaucoup de la présidence française du G8, espérant que la France saurait sensibiliser ses partenaires à la nécessité d'accroître le montant de l'aide publique au développement et d'investir en Afrique.

 

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Rapprochement spectaculaire avec la Francophonie

Le président Bouteflika s'est rendu au Sommet de la Francophonie à Beyrouth en octobre 2002. L'Algérie a également participé à la Conférence ministérielle de Lausanne le 13 décembre dernier, remettant en cause sa position traditionnelle selon laquelle la francophonie serait un instrument du néo-colonialisme.

 

Recherche: Lyne Fréchet 

 

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